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1er mai, manifestation 17h St-françois Lausanne

1er mai 2013

Lausanne: Rendez-vous 17h, place St-François !

Télécharger le tract du Forum des luttes et des résistances

Le travail devient chaque jour plus intense, plus dur. Il nous stresse, nous rend malade. Il colonise notre vie. Les gains de productivité finissent immanquablement dans la poche des employeurs publics ou privés. Le pouvoir d’achat des salaires stagne, voire recule. Partout la flexibilité commandée, la précarité, l’insécurité sociale s’installent.


Les licenciements se suivent. Le démontage des assurances sociales et des retraites s’accélère. Le service public est attaqué et dégradé sans relâche. Les conditions d’existence deviennent plus difficiles pour une majorité d’entre nous,, pour les salarié-e-s comme pour les retraité-e-s, pour les jeunes comme pour les vieux, davantage pour les femmes que pour les hommes.


Tout cela, ce sont des vérités d’évidence. Chacun-e en ressent l’effet dans sa propre vie. Mais cette dégradation ne constitue pas le seul élément décisif de notre vie au travail. Dans ce pays, il faut aussi réaliser qu’il y a un mouvement de fond, une stratégie têtue des capitalistes, des banquiers, des gens de pouvoir, des propriétaires fonciers et des dirigeants politiques, économiques et culturels pour réduire et liquider progressivement les droits démocratiques et les organisations qui ont donné au monde du travail une capacité de contre-pouvoir.


Au cœur de cet effort des classes dominantes, de la bourgeoisie, de la haute bureaucratie, il y a d’abord la situation de subordination fondamentale des salarié-e-s face aux employeurs. Le patron, qu’il soit du secteur public ou privé, commande sur le lieu de travail. Et l’élément central de ce commandement c’est son pouvoir discrétionnaire de licencier. Moyennant une indemnité de quelques mois de salaire au pire, l’employeur peut expulser de l’entreprise ou de l’institution, qui lui déplaît, qui fait preuve d’esprit critique, qui résiste, qui s’organise et rassemble autour de lui ses collègues de travail. Seuls quelques secteurs de la fonction publique échappent encore à ce pouvoir discrétionnaire.


Le licenciement ordinaire ou avec effet immédiat permet aux employeurs d’attaquer directement toute tentative de construire sur les lieux de travail un syndicalisme de mobilisation et de promouvoir, à l’inverse, un syndicalisme de compromission et de collaboration qui commence et qui finit toujours par accepter les objectifs et la stratégie des patrons.


Le droit du travail est fondamentalement marqué par ce pouvoir discrétionnaire des employeurs. Le/La salarié-e- isolé-e, dans la plupart des cas, n’arrive pas à s’opposer sur le terrain juridique aux moyens, aux discours autorisés, à la force des directions. Les dirigeants d’entreprise et leurs appareils imposent leur version des faits et consolident leur pouvoir de décision, de contrôle et de sanction face au collectif de travail et aux salarié-e-s isolé-e-s.


Ce noyau dur de pouvoir patronal, ce management, ne cessent de s’étendre et de s’approfondir. Désormais, les syndicalistes sont, y compris légalement, sanctionné-e-s quand ils/elles informent les travailleurs/euses aux portes des entreprises. La communication sur les données et la structure salariale des boîtes peut être puni. Les délégué-e-s et militant-e-s syndicaux/ales et les représentant-e-s du personnel quand ils/elles sont un peu combatifs/ves peuvent être dans les faits licencié-e-s. Et maintenant, s’affirme une nouvelle dimension de cette attaque, la liquidation du droit de grève. Nous avons dans ce pays un des droits de grève le plus étroit et le plus défavorable au salariat de toute l’Europe. Tout est fait pour multiplier les obstacles devant les salarié-e-s qui prennent la décision de lutter, d’arrêter le travail, de manifester. À un bout, il y a la paix du travail absolue, qui prétend liquider le combat social et interdire la construction du rapport de force, à l’autre bout, il y a l’édifice légal, sa mise en application sur le terrain juridique.


L’exemple de ce qui s’est passé à la Providence, l’hôpital neuchâtelois où une partie du personnel a fait grève pour défendre la CCT et ses droits, l’illustre clairement. Même pour une grève organisée dans le strict et étroit cadre légal, il y a la sanction du licenciement des grévistes. Rien, effectivement, n’a protégé le droit de grève à la Providence. Ni le cadre légal, ni les autorités élues, ni la pseudo-tradition du pseudo-dialogue et du partenariat social entre employeurs et syndicalisme de paix du travail.


A tout cela s’ajoutent des conventions collectives de plus en plus souvent vidées de leur contenu, privées de dispositions aussi élémentaires que la mention d’un salaire minimum, abandonnant la progression salariale à l’individualisation et au pouvoir discrétionnaire des employeurs.


Cette situation nous indique bien que la question est aujourd’hui double pour les salarié-e-s qui entendent s’organiser, conserver une capacité de pression, défendre leurs intérêts, améliorer leur situation, et avancer sur la voie de l’émancipation. La première question correspond à la nécessité de s’organiser pour pratiquer effectivement un syndicalisme d’organisation collective, de mobilisation et de lutte, de défense efficace de nos intérêts. Pour ce faire, nous ne pouvons attendre, les bras croisés,  que la législation change et devienne un instrument réel pour défendre nos droits.  C’est parce que nous nous organiserons et lutterons qu’il sera possible d’imposer, dans cette société, un  droit démocratique du travail,  un instrument véritablement utile pour les salariés. La question essentielle est donc bien celle de la bataille à livrer pour rassembler des forces, passer des alliances, assurer des avancées sur le terrain de la démocratie du travail, de la reconnaissance de nos droits sur notre place de travail.  Si la pratique d’un syndicalisme effectif, de lutte, est indispensable, la formulation d’un projet de démocratie sociale et du travail, en rupture avec le capitalisme, et l’ouverture de cette bataille politique, sociale et culturelle l’est tout autant.


Mais pour ce faire, la première des choses est bien de donner dans notre parole, dans notre discours, toute l’envergure nécessaire à l’exigence de droits syndicaux, de protection pour les travailleurs/euses qui prennent la parole, pour les militant-e-s, pour les délégué-e-s, pour celles et ceux qui assurent la vie du syndicat sur le lieu de travail et dans sa capacité de mobilisation sociale. Dire clairement la situation que nous vivons aujourd’hui, le déni fondamental du droit syndical et de la liberté des travailleurs/euses qui règne dans ce pays est sans doute le premier pas pour résister et commencer à avancer.


Forum des luttes et des résistances