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La catégorie « immigré »

Immigration-clandestine-un-faux-problemeLa catégorie « immigré » (c’est-à-dire une catégorie inférieure et précaire) a été systématiquement construite pour conforter une différentiation dans les milieux populaires et pour pouvoir désigner les coupables et les acteurs d’un certain nombre de problèmes sociaux et politiques. Du coup, l’immigration sert à construire l’image, le concept et le symbole même de l’unité de la nation et la question « immigré » donne aux couches populaires l’illusion de pouvoir comprendre et maîtriser la source de leurs difficultés.

 

Cet enfermement de l'immigration n’est pas simplement le fait de l’UDC ou des forces formellement xénophobes qui ont précédés la transformation blochérienne de ce parti. En fait, la bourgeoisie en général et l’ensemble de ces formations politiques ont conçu et promu cette politique d’infériorisation.

L’immigration a été et reste l’objet d’un droit, d’une politique et d’une intervention étatique d’exception. L’immigration est un laboratoire de l’action anti-démocratique du pouvoir étatique et capitaliste. Elle favorise cette action, la rend familière à la société, la banalise. L’ensemble de la bourgeoisie et au-delà la social-démocratie sont solidaires de cette pratique, de ces constructions idéologiques, et symbolique. En ce sens, le sort de l’immigration est le laboratoire de toutes les attaques portées contre les classes populaires de ce pays.

La nouvelle initiative de l'UDC

L’UDC lance une nouvelle initiative dont l’objectif central est la réduction de l’immigration, formellement de toute l’immigration, à une force de travail totalement flexibilisée, totalement soumise au commandement du capital, sans droit garanti aucun, ni au séjour, ni au regroupement familial.

Le sort revendiqué par l’UDC pour l’immigration, soit 40% de la force de travail de ce pays, présente dans toutes les articulations du système productif (de la force de travail intellectualisé aux secteurs des plus déqualifiés), n’est pas une politique simplement pour l’immigration mais bien pour l’ensemble du salariat. Il est en effet impossible d’appliquer une telle politique au salariat immigré sans qu’elle cancérise l’ensemble du monde du travail, sans que l’infériorisation de l’immigration ne s’étende aux sorts communs de tous les salariés de ce pays. En ce sens, les figures de l’abuseur, du profiteur des prestations sociales, etc., sont des figures « pont » vers cette généralisation.

Notre proposition est de subvertir fondamentalement la catégorie « immigré » dans le système socio-politique suisse. Notre position est donc radicalement égalitaire et elle se sépare de l’acceptation de la considération de l’immigration comme un monde séparé de nous. Nous revendiquons immédiatement l’égalité à partir de notre sort social commun qui, de l’immigré à l’abuseur, de l’abuseur à celui qui est socialement inférieur et qui doit l’accepter, finit par concerner tous les gens effectivement inférieurs dans ce pays.

La réponse au fantasme bourgeois de l’invasion étrangère et des conséquences qu’elle comporte dans les inquiétudes populaires passe donc part l’affirmation de droits positifs qui configure une véritable protection sociale pour chacun-e. C’est-à-dire la configuration d’une véritable communauté humaine contre l’illusoire « communauté nationale ».