Logement2

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Réfugié.e.s : le logement comme contrainte et éloignement

Depuis le milieu des années 1980, la Loi sur l’asile n’a cessé de connaître des révisions en chaîne venant péjorer drastiquement les conditions de vie des personnes exilées. La politique d’asile est officiellement définie comme une politique « de dissuasion » à l’égard des réfugié.e.s potentiel.le.s et « de renvoi » à l’encontre de celles et ceux qui sont entré.e.s en Suisse
Dans ce contexte, les autorités cantonales et fédérales ont tout entrepris pour isoler socialement les candidat.e.s à l’asile et pour les empêcher de créer des liens en Suisse. C’est ainsi que l’on casse la solidarité...

Le logement des réfugié.e.s est alors logiquement utilisée comme une arme de la politique de dissuasion. Concrètement, on oblige les candidat.e.s à l’asile à se présenter dans des centres d’enregistrement fédéraux, où on les garde parfois plusieurs semaines, avec restriction de sortie et interdiction de recevoir des visites.

Ensuite, c’est l’affectation imposée à un canton déterminé, puis à des foyers d’hébergement collectifs offrant des conditions de vie difficiles. Surtout, ces foyers sont délibérément placés loin des grandes agglomérations et des transports publics. De plus, avec des problèmes de planification créés délibérément, on recourt de plus de plus aux abris de protection civile. Au moins les réfugié.e.s auront apporté la preuve de l’impossibilité de vivre décemment sur le long terme dans ce genre de structure... Un Conseiller d’Etat vaudois a suggéré de les assigner à des places d’armes, pour en faire des cibles vivantes peut-être ?

Ce n’est qu’au bout de plusieurs mois, voire plusieurs années, que les candidat.e.s à l’asile peuvent, selon les cantons, avoir la chance d’avoir un appartement. Mais celui-ci dépendra le plus souvent d’u organisme social, dans le canton de Vaud l’EVAM.

Signe du traitement discriminatoire des réfugié.e.s, on ne les considère même pas comme des locataires, ni dans les foyers collectifs, ni dans les appartements régis par l’EVAM. La protection du droit du bail leur est refusée. A l’exclusion sociale se rajoute l’exclusion juridique, un monde de droit d’exception réservé à cette catégorie de la population.
Dès 2003, la situation s’est encore aggravée avec la généralisation pour les personnes déboutées de l’asile de l’ « aide d’urgence », soit un strict minimum de survie. Des milliers de personnes, hommes seuls amis aussi des familles et des enfants ont été mises à la rue, arrachées de leurs appartements EVAM ou des foyers collectifs. Les différents dispositifs cantonaux se rejoignent pour faire de l’ « aide d’urgence » une véritable mesure de contrainte étatique destinée à pousser au départ.

Pour exercer une pression maximale sur les débouté.e.s de l’asile, les autorités confinent les débouté.e.s dans des foyers ne pouvant les accueillir que la nuit, avec un minimum de place pour quelques effets personnels. Parfois, il n’y a même aucun endroit sûr pour laisser ses affaires.

Les réfugié.e.s sont venu.e.s demander la protection de la Suisse. On ne leur offre que contrainte et dissuasion, et le logement joue un rôle important dans les stratégies d’exclusion étatiques. Les rapports officiels montrent que l’on cherche à empêcher la rencontre entre ces personnes et la majorité des gens : l’isolement est bel et bien pensé comme arme pour prévenir tout mouvement de solidarité. Le sort des réfugié.e.s ne doit pas être pensé comme différent du nôtre : on les a utilisés comme cobayes pour des mesures sociales qui se sont applicables à d’autres populations précarisées. Face à l’inhumanité de la politique d’asile officielle, il est plus que jamais urgent de proclamer un véritable droit au logement, un droit à la ville, et un droit d’appartenir à la communauté des êtres humains.